Nommer les violences, décoloniser la société, penser l'après
En février, Nos héritages culturels a le plaisir de participer au festival A contre-courant organisé par le Théâtre de la parole. Tu nous y rejoins ?
Cher héritier, chère héritière,
Long time no see! J’espère te retrouver en bonne santé et te souhaite une très belle année 2026, qu’elle te soit douce, t’offre de belles opportunités et beaucoup de joie✨
De mon côté, j’ai dû quitter un projet dans lequel je croyais et qui m’a rappelé que personne n’est épargé·e par la fascisation de nos sociétés : elle se manifeste de différentes manières, y compris chez nous (si jamais vous pensiez encore que c’était juste aux USA) et à travers la voix de celleux que l’on pensait être les nôtres.
L’occasion de souligner une réalité essentielle : les espaces dits “de gauche” ou “militants” n’existent pas en dehors des rapports de domination qui structurent notre société, même lorsqu’ils sont portés par des personnes minorisées. Nous restons des produits de cette société et ne connaissons finalement rien d’autre que les dominations structurelles. Être victime de ces oppressions ne nous exempte donc absolument pas de les reproduire, surtout sur les nôtres.
Dieu merci, je suis pour le divorce (tout n’est pas destiné à durer éternellement, quand ce n’est plus en phase avec tes valeurs, pars loiiiin!) et de belles âmes m’ont entourée et soutenue. Aujourd’hui, tout ça est derrière moi et je travaille déjà sur plusieurs autres projets - je t’en parlerai bientôt incha’Allah !
En parlant de nouveaux projets, en février, j’ai le plaisir de participer au festival A contre-courant organisé par le Théâtre de la parole. Une programmation riche, sur cinq jours, que tu peux retrouver au complet par ici. J’y interviens lors de trois activités différentes, je t’en dis plus juste en dessous !
Au plaisir de t’y voir, si ton agenda te le permet et que le cœur t’en dit,
Sarra
Raconter et décoloniser 60 ans de vies belgo-marocaines
Rendez-vous le mardi 10 février à 15h pour un parcours historique et sensible qui replace les personnes concernées au cœur du récit. Celui des milliers de Marocain·es qui ont traversé la Méditerranée pour reconstruire la Belgique de l’après-guerre et offrir un avenir meilleur à leurs enfants. Mais aussi celui de leurs enfants, né·es ici ou là-bas, qui ont grandi dans cet entre-deux culturel qui multiplie leurs identités.
La visite guidée est rythmée par les voix des Belgo-Marocain·es, toutes générations confondues. Ces témoignages, enregistrés dans le cadre de Nos héritages, racontent 60 ans d’exil, de vie ouvrière, de racisme et de vacances au bled. Mais aussi d’espoir, de résistances et d’appartenances.
🗓️Infos pratiques et inscription juste ici.
Héritages et expériences de terrain, quelles réalités ?
Le vendredi 13 février à 11h, j’aurai le plaisir de modérer un échange entre Ulrich N’Toyo et Mohamed Salim Haouach. Ils sont tous deux artistes, fondateurs de compagnies artistiques. Leurs expériences de terrain se situent à la frontière entre création artistique personnelle, projet collectif et développement d’actions à destination des publics jeunes issus des quartiers populaires. Dans leurs démarches, le passé colonial, l’esclavage, l’immigration et les enjeux sociétaux que cet héritage a créés sont autant de contenus questionnés.
🗓️Infos pratiques et inscription par ici.
Atelier participatif - Et après ?
Le samedi 14 février, rejoins-nous pour un échange collectif. Avec Serine Mekoune et Fernando Zamora, on te propose de réfléchir à l’après : après avoir nommé les violences – les avoir regardées en face, décortiquées, situées, entendues – que fait-on ? Après les mots justes, après les récits qui pèsent et qui libèrent à la fois, il reste le temps long de l’après. Un temps moins spectaculaire, mais décisif. Un temps où il ne s’agit plus seulement de dénoncer, mais de tenir, de continuer, de transformer.
Notre intervention collective s’inscrit dans ce moment précis. Non pas comme une conclusion, mais comme un passage. Elle ouvre un pont : du passé vers le futur, avec un ancrage radical dans le présent. Car c’est ici et maintenant que quelque chose s’active. Les guérisons, les luttes, les gestes de soin et de résistance ne sont pas des promesses lointaines : elles se fabriquent au présent, dans des pratiques souvent discrètes, héritées, partagées.
Cet “après” n’efface rien. Il ne nie ni les blessures ni les structures de domination. Il reconnaît au contraire que nous avançons avec elles – mais aussi avec des héritages de force. Des outils transmis, parfois sans être nommés. Des références communes, des savoirs situés, des manières de faire communauté qui nous précèdent et nous accompagnent. Une généalogie des résistances, non figée, activée dans le temps présent.
Ce qui se dessine, c’est une invitation à creuser autour de nous : dans nos histoires, nos liens, nos pratiques quotidiennes. À reconnaître ce qui nous permet de tenir ensemble, de rêver malgré tout, de fabriquer des espaces de continuité.
🗓️Infos pratiques et inscription juste ici.

